Pratiques ancestrales et redécouvertes contemporaines
Longtemps, le travail du sol s’est transmis de génération en génération, chaque vigneron adaptant ses pratiques aux particularités d’un lieu. Mais la mécanisation, puis l’usage généralisé de fertilisants et d’herbicides à partir des années 1970, ont parfois appauvri les sols ou accentué l’érosion. Depuis vingt ans, une véritable révolution s’opère : l’observation scientifique rejoint le savoir empirique traditionnel.
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Le retour au travail superficiel du sol, qui favorise la biodiversité microbienne sans perturber la structure.
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Le recours aux couverts végétaux (plantes semées entre les rangs) permet d’améliorer la structure, réduire les phénomènes de lessivage et limiter les maladies du bois.
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Des pratiques comme l’agroforesterie viticole, de plus en plus expérimentées en Languedoc et en Val de Loire, offrent une résilience accrue face au stress hydrique et à l’érosion.
Selon l’Observatoire des pratiques de gestion des sols viticoles (Vigne Vin), en 2019, plus de 32 % du vignoble français avaient adopté des couverts végétaux, contre 16 % en 2005.
Limiter l’érosion et valoriser l’authenticité des sols
Les zones réputées pour leurs pentes marquées (Côte-Rôtie, Collioure, Jura, etc.), connaissent une perte de surface par érosion de l’ordre de 10 à 25 tonnes par hectare et par an si la gestion n’est pas adaptée (ACTA). Ici, la valorisation du terroir passe autant par la préservation que par la révélation : une vigne qui se développe sur un sol stabilisé, bien structuré et riche en matière organique, exploite pleinement son potentiel, tandis qu’une parcelle dégradée « perd » peu à peu sa typicité.
Des techniques comme l’enherbement spontané, la réalisation de fossés d’infiltration et le paillage ont permis, en Alsace comme en Sud-Ouest, de diviser par deux les taux d’érosion, tout en maintenant la vigueur végétale.