Le vignoble du Sud-Ouest, fort d’une tradition viticole millénaire, s’étend de la vallée du Lot jusqu’aux contreforts pyrénéens. Ici, la notion de terroir ne saurait se réduire ni à une simple typologie de sol, ni à la délimitation strictement administrative des appellations. C’est un espace composite — fait de nuances géologiques, de microclimats et d’usages pluriels — où chaque métier du vin trouve un terrain d’expression singulier.
On distingue habituellement quatre grands bassins viticoles dans le Sud-Ouest : le Bergeracois, le Bordelais méridional, le Midi toulousain (Fronton, Gaillac, etc.), et la zone pyrénéenne (Madiran, Jurançon). Chacun connaît une combinatoire pédoclimatique singulière. À titre d’exemple : le Madiran repose sur des sols acides de galets roulés et d’argiles, là où le Frontonnais exprime ses typicités à travers les boulbènes (limons argilo-siliceux) et graves, tandis que le Jurançon tire son originalité des poudingues, grès et argiles à galets du piémont.
Selon l’IFV (Institut français de la vigne et du vin), le Sud-Ouest compte plus de 300 types de sols répertoriés, dont 60 % sont majoritairement composés d’alluvions anciennes ou récentes, et 25 % d’argiles, cailloux et graves. Une diversité qui structure, en profondeur, les choix techniques et philosophiques de chaque acteur de la filière.